viernes, 19 de septiembre de 2008

Un coup de tete

Le 19 aout, 23h, aeroprt Charles de Gaulle Etoile

Me voila prete a embarquer, valise en soute, guitare en bandouliere, dans l'avion qui m'emmene en Argentine. Je viens de quitter Sophie, Vince et Hadrien qui m'ont accompagné et attendu jusqu'au dernier moment pour partir. Je suis très contente qu'ils soient là, et ne peux ressentir aucune tristesse ni nostalgie précoce, une curiosité fébrile tient mes yeux secs et mon coeur joyeux. Je ressens une légère appréhension, due au fait que le trajet de 12h d'avion me fait un peu peur.
J'embarque, m'assieds, décole, reste éveillée les 12h du vol, arrive hagarde a 7h du matin heure argentine à l'aéroport de Buenos Aires.

Il fait gris, l'ambiance est glauque, je suis assaillie par les chauffeurs de taxis qui voient sans doute en la petite blonde toute frêle que je suis la pigeonne idéale à balader dans toute la capitale. Grâce aux recommandations de mon cher Papa, je prends un taxis bus qui m emmènera jusqu' à Rosario, a 300 km de de Buenos Aires. Je l'attends une petite heure, fumant clope sur clope, tentant vainement de dissiper le brouillard d'incertitude qui m'envahit, alors qu'au téléphone je prends une voix bien assurée pour mentir a mes pauvres parents, affirmant que dans peu de temps je retrouverai Nico et Clément pour parcourir l'Argentine avec eux. En réalité, Nico et Clem sont au Pérou, et je ne connais ni d'Eve ni d'Adam les gens chez qui je passerai ma première nuit. Me voilà bientôt dans le bus Tendia y leon, et je m'endors bien vite, pour me réveiller trois heures plus tard au niveau de la grande banlieue de Rosario. C' est tout plat, c'est tout pauvre, à des années lumières de ce que j'avais imaginé. Des bidonvilles, des décharges, des grillages, le ciel est gris, la terre aussi. Qu'à cela ne tienne, j'ai les yeux ecarquillés, le sourire aux lèvres, c'est Rosario, c'est ma ville, c'est nouveau, c'est beau. Je suis la dernière dépose, on m'emmène calle Michelletti, chez Matias Cadiergo, un ami de voyage de Nico, ils se sont rencontrés a Misiones et ont fait un petit bout de chemin ensemble.

Une petite, toute petite maison, une petite, toute petite porte en bois qui ferme avec une de ces petites serrures de toilettes, une petite bonne femme la cinquantaine bien tassée, clope au bec, torchon au bras, qui m'accueille d'une franche accolade à la yankee, m'arrose d'un espagnol incompréhensible, le seul mot que je comprends c'est "me entiendes, me entiendes? ("tu me comprends?"), j'opine du chef d'un air entendu, et souris poliment, ca passe, le torrent ne s'arrêtera plus, la tornade blonde me fait asseoir, me sert une clope, envoie une assiette pleine d'escalopes de poulet milanese, une autre pleine de tortilla espanola, une autre pleine de pommes de terres, le tout arrosé de mayonaise et de gaseosas en nombre. Suis-je censée tout avaler, comment esquiver ces kilos de graisse qui me tendent les bras, comment manger peu sans avoir l'air d'une parisienne délicate et compliquée? En partant, je n'avais qu'une certitude, en Argentine j'allais, argentine je deviendrais. En arrivant, je dois me rendre à la raison, ca me coutera cher en cholesterol.

Arrive Martin, le troisieme garcon d'une fratrie de quatres "varones" (lire baronesse). Calin a la yankee, une panse bien pleine, nous voilà partis pour retrouver mati dans le négoce familial.
Les cadi vivent dans la Zona Norte de Rosario, Barrio Fisherton, du nom de son propriétaire, un nouveau quartier, bourré de belles maisons et de country clubs, le jockey y est présent, seule une petite partie résiste encore et toujours à l'envahisseur, la nôtre. Je dis la nôtre car déjà je suis des leurs. Ma famille, c'est eux, mon port d'attache, c'est eux, mon nord, cette maison simple, ce foyer "humilde", ces toilettes sans chasse d'eau, ces murs sans peintures, c'est désormais mon univers, et nul par ailleurs en amérique je ne trouverai la chaleur et la joie que me procurent cette maison et ces gens.

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