martes, 23 de septiembre de 2008

Les argentins

les argentins ne sont pas argentins, les argentins ne sont pas d'argentine, ils sont d ailleurs, en tout cas c est le cas pour les rosarinos. Leurs parents ont tourne le dos a l'Europe, sont venus ici chercher fortune, et eux ont le regard fixe sur nous, c'est le cas d'une grande partie de la jeunesse, que notre continent fait littéralement rêver. Un argentin qui a deja mis les pieds en Europe, n'a pas autant d'etoiles dans les yeux quand il en parle, qu'un argentin qui ne la connait qu' a travers l'art, les livres, ou les medias. La plupart de ceux qui y sont alles se sont rendus en espagne, chez maman. Et on va dire que maman n'a pas vraiment l'instinct maternel, et qu'elle meprise un peu le rejeton. L'argentin, le sud americain en Espagne, c'est l'africain en France. Alors forcement, l'argentin trouve que c'est un peu tous des bâtards les europeens, qu'ils sont pas franchement "buena onda" et même un peu secs. Ils sont tous d'accord pour dire que le continent est magnifique, impressionnant, regorge de richesse et de beautes, prolifique, prospere, mais ils sont moins dithyrrambiques sur sa population, et moi je ne vais pas les contredire car je suis tous les jours suprise par la simplicite et la generosite des rosarinos, et si ce genre de comportement m'etonne, c'est que je n'ai pas du y etre tres souvent confrontee.
L'argentin est simple, mais il a du caractere, il ne se laisse pas marcher sur les pieds, il ne s'en laisse pas compter, on la lui fait pas. L'expression qui resume le mieux l'argentin, c'est "¡Ojo!", "oeil", en gros "ATTENTION". On me la sort dix fois par jour celle la, "Ojo Anna, OJO!" "Ton eil Anne, TON OEIL!!!". Il se mefie, on a voulu le rouler plusieurs fois, il a grandi dans la crainte du vol, il est sur ses gardes mais une fois qu'il est rassure, a pas plus nounours. Le voleur, c'est la bête noire de l'argentin, il s'en mefie comme de la peste, et moi aussi, ces quantites d'"oeils" qu'on me lance toute la journee m'on rendue completement parano, je marche, accrochee, aggripee a mon sac a dos, toujours du cote du mur de peur qu'un motard me le pique, je jette un coup d'oeil discret derriere mon epaule avant de mettre la clef dans la serrure de mon immeuble, je vis volets fermes, rideaux tires..... Evidemment non, mais! Méfiance....OJO!

Je voudrais vous decrire l'argentine au travers de ses patisseries. Prenons une patisserie francaise, un fraisier par exemple. En ce qui me concerne, le fraisier, je l'aime cremeux, une creme bien fraiche, bien epaisse, bien sucree, avec une bonne fraise dedans et la pate d'amande au dessus. Et c'est toujours une enorme deception quand je tombe sur un fraisier ou il y a une fine genoise, ou meme parfois une epaisse genoise. " la genoise, c'est le leger, l'aerien" vous dira le patissier francais. Non non non, la genoise, c'est de l'eponge, et la creme, c'est divin. En france on veut toujours mettre de la subtilite, de la finesse a tout bout de champs, une touche de grand-marnier, une larme de negrita, un doigt de calava, de la fleur d'oranger, du croquant, du moelleux.... En argentine on s'embarasse pas de tant de frous frous, on fait pas d'chichis. Les patisseries ont l'air moins bonnes qu'en france, elles sont moins bien decorees, mais elles sont dix fois meilleures. La creme patissiere? c'est bon. Le chocolat? c'est bon. Le dulce de leche? c'est bon!!! on empile les trois douceurs en couche bien pépaisse les unes sur les autres, parce que plus y en a , meilleur c'est, on en fait un bon gros gateau, on le coupe en six, six bonnes grosses parts, parce que plus y en a, meilleur c'est, et les clients s'en mangent les doigts (" se te lo come los dedos").... Voila, alors en France, les patisseries mettent l'eau a la bouche, on en fretille de gourmandise dans la queue de la boulangerie, mais il y a toujours un p'tit gout de liqueur ou une pate un peu seche qui te gache le plaisir. Et bien la france est a l'image de ses patisseries, d'apres les conclusions que je tire de ce que me disent les argentins. C'est un pays tres beau, un vrai spectacle pour les yeux, mais ca population est seche, peu genereuse, pas tres accueillante. Elle attire comme un aimant, mais decoit au final. Enfin, ses habitants decoivent le touriste sud-americain. L'argentine c'est tout le contraire, enfin au nord en tout cas. Des clients m'ont raconte qu'en France ( a Paris surtout) certains otochtones refusaient de leur indiquer leur chemin, ne prenaient meme pas la peine de tenter de le leur expliquer sur une carte. Ici quand on demande son chemin a un passant, il vous repond avec precision, arrete un autre passant s'il n'est pas sur de lui, et vous vous retrouvez bras dessus bras dessous avec vos deux boussolles qui se proposent de vous accompagner jusqu'au lieu dit, qui en chemin vous posent mille questions, et ne vous lachent pas avant de vous avoir donne numero de telephone et adresse mail en precisant que vous pouvez leur demander n'importe quoi, qu'elles seront ravies de vous donner un coup de main... Ils en font des tones, mais avec beaucoup de simplicite, ils vous gavent de douceurs, de petites attentions, vous etes une tranche de pain frais qu'ils tartinent allegrement de dulce de leche.
Je continue d'expliquer l'argentine au travers de ses specialites culinaires. Les deux mamelles de l'argentine, c'est le mate, et l'asado. Pour faire un rapide rapprochement, le mate c'est l'equivalent du calumet de la paix, l' asado, du mechoui. Le mate se boit entre amis. C'est une herbe amere en poudre qu'on achete dans des gros sachets qui ressemblent a des packs de farine. Le mate c'est le nom de la tasse dans laquelle on la boit, l'herbe s'appelle la yerba mate. On met la poudre dans la tasse qu'on remplit a ras-bords, on ajoute de l'eau chaude jusqu' a ras-bord et on boit ca avec une paille qu'on plonge jusqu'au fond de la tasse. La paille a un filtre au bout qui permet de retenir les grains d'herbe. C'est du the tres fort qu'on boit a la paille quoi. La difference c'est qu'avec le the, c'est chacun sa tasse, chacun sa cuiller, alors que pour le mate, c'est une tasse et une paille pour tout le monde, et c'est la toute la beaute et la force de la tradition du mate. On melange sa bave avec celle de ses copains, de connaissance, d' inconnus, c'est une invitation a la conversation, a la rencontre, a l'echange, au sens propre comme au figure.
Dis moi comment tu bois ton mate, je te dirai qui tu es. Il y en a qui l'aiment amer, eux sont les "vrais", un vrai mec, il boit le mate amargo, parce que c'est le vrai gout du mate. D'autres l'aiment doux, sucre, d'autres bouillant, d'autres tiede, bref, le mate, c'est une institution. Pour mon anniversaire, on m'en a offert un, en bois, tres tradi, et c'est toujours la surprise quand je propose aux invites d'en boire, ils ne s'attendent pas a ce que je m'adapte autant, et je leur reponds que tout ce que font les argentins, je le fais, ca les ravit!
L'asado, c'est du boeuf au barbecue, des oreilles a la queue, en passant par les reins, on met tout ca sur le grill et on se goinfre en famille le dimanche apres-midi. C'est l'autre institution. Tout le monde passe le dimanche en famille autour du boeuf, tout le monde sauf ceux qui travaillent le dimanche, c'est mon cas donc je n'ai pas encore experimente l'asado, et la, l'argentin fait les gros yeux, c'est inimaginable...
Troisieme chose, je voudrais parler du cafe. En France, je me battais limite avec les serveurs pour obtenir un expresso dans une grande tasse avec du lait chaud a part. Les pauvres types etaient paniques parce que la carte ne proposait que noisette ou grand creme. Et bien en argentine on peut prendre le cafe, dans une petite tasse(chico), ou dans une jarette (jarita) ou dans une grande tasse(doble), on peut le prendre coupe avec du lait (cortado), avec moitie lait moitie cafe ( cortado mita y mita), avec plus de lait que de cafe (cortado liviano), ou avec une larme de cafe dans du lait (lagrima). Bref, si les argentins ne font pas de chichis, ils ont le sens du service, en matiere de restauration comme ailleurs. Ici on peut demander du pain et du beurre sans se faire fusiller du regard par le serveur, on peut ajouter un ingredient dans une salade ou en retirer, ca parait normal, c'est la moindre des choses, en france, on trouverait de la bave dans sa vinaigrette si on osait faire quelconque reclamation. A tel point que certaines personnes detestent aller au restaurant avec moi, parce que je chipotte toujours, alors je derange le serveur et tout le monde a la honte. Et bien ici c'est le paradis des chipotteurs! et ca, ca me rejouit!

Conclusion de tout ca: les argentins sont des bons vivants, de tres bons vivants. Ils aiment les choses simples et bonnes, ils ont un contact franc et direct, un sens de la solidarite multiplié par dix depuis la crise financiere de 2001 ou ils ont pris l'habitude de tous se serrer les coudes, tout le temps. Ils accordent une tres grande importance a leur famille, a leurs amis, et ne concoivent pas qu'on puisse apprecier la solitude. Bref, plus gentil, plus accueillant y a pas, et ca change du franchouillard desagreable et raleur!

viernes, 19 de septiembre de 2008

Mon appart


La cuisine
La cuisine
Le bar a condiments
L'entree


La salle d'eau

Jour 5, je cherche un appart, je ne travaille pas, j en profite.
Le dueño proprietaire de l'appart
j'achete le journal local, la capital et regarde dans les petites annonces. Je veux une colocation, avec des jeunes, a 500 pesos du mois (100 euros), grand max, en plein centre. Autant dire que je demande la lune, mais bon, j y crois! Je vois des annonces qui correspondent a ma demande, mais destinees seulement aux etudiantes. Qu' a cela ne tienne, je m'improvise etudiante en economie. Je visite 4 ou 5 apparts le meme jour, le dernier fut le bon.
Deux hommes approchant la soixantaine ont achete un petit immeuble de style ancien, une maison sur deux etages ont va dire, et le renovent. Il est situe plein centre, a dix minutes a pied du fleuve et de mon travail, a deux minutes a pied de mon amigo pablo qui fait de la musique.
La maison est grande, tres grande, mais seules sont disponibles de suite la cuisine, la salle de bain et une chambre prevue pour trois. Il y a une terrasse sur le toit, tres tres grande, qui fait toute la taille de l'edifice. Je visite, m'appercois tres vite que le batiment a un potentiel de fou, qu on peut y loger plein plein de jeunes, je le veux, je l'aurai, et a mon prix!
je demande a avoir une chambre pour moi toute seule. C'est non. Je bataille, argumente, c'est oui, mais pour 700 pesos. Je veux 500. C'est non. On palabre, et je m'appercois qu'un des proprio est italien d'origine, felix Mancini, Merci Melrose Place! par chance je reviens d'un voyage en Italie, Merci maman, je parle un peu en Italien, je fredonne tu vuoi fare il americano, mericano, mericano, le prix descend a 500, trato hecho! J'ai ma propre chambre, dans une maison ancienne qui va etre entierement renovee, pour 500 pesos par mois, a dix minutes de mon lieu de travail, en plein centre, le reve, total, absolu.
Tous les jours les travaux avancent, il devient de plus en plus beau, me manquent maintenant les collocs, ca fait trois semaines que j'y vis seule, mais j'ai de la compagnie quasi tous les jours car l appart est sur le chemin que prennent nombre de mes collegues pour aller et revenir du travail, on toque, on entre, on mange des fruits et on boit du vin, c'est la casa de la francesa.

Amigos

Gustavo y Lorenzo


Voilà maintenant un descriptif de chacun de mes bons amis d'ici.

Commencons par Mati.
Mati est grand, Mati est bon, Mati n'a jamais connu les femmes, Mati est pur. Il est amoureux de littérature, il étudie les lettres à la faculté. Il en sait plus que moi sur les auteurs francais, Maman, j'ai honte. Mati aussi a honte. Il a honte de sa maison, il n'y a jamais invité aucun amis, je suis la seule a l'avoir vue, et maintenant, Mati insiste pour que je n'y retourne plus, mais j'y vais quand même, j'ai pris le numéro de mamita cadi, et on s'arrange entre nous quand je veux venir, ah ah! Mati veut des enfants, j'ai décliné poliment, comme on décline une milanese mayonnaise.
Mati en fait un peu trop parfois, et me gonfle de temps en temps, mais c'est un bon ami, et le meilleur de tous, ici.

El Mauro
C'est le grand frère de Mati. Lui, il est drôle, il n'hésite pas a me charrier, me chambrer, tout le contraire de Matias, il me traite, me dit que je lui casse les couilles, "no me rompes las bolas Anna, sos un rompa huevos, andate en tu pais, limpia te que hueles mal", tu sens pas bon, va te laver, c'est Laurent en gros, en plus drôle, parce qu'en espagnol. On rigole beaucoup, et quand on est tous les deux dans une piéce les gens ne s'entendent plus parler, parce qu'on crie très fort tous les deux, finalement, on est tous les deux casse-bonbons, las rompamos a todos.

Pablo
Pablo vit a 5mn a pied de chez moi, avec su novia, sa fiancee Virginia, et la meilleure amie de sa fiancee Suzanna. Ca fait huit ans qu'ils sont ensemble, Virginia est danseuse professionnelle et donne des cours de pilates, elle s'essaye au théâtre. Pablo est serveur au Flora avec moi, et il étudie la msique et la basse. Il a un ordinateur avec cubase. Virginia a écrit un spectacle, elle y a joué, dansé, Pablo a fait la musique, j'ai été voir, j'ai pas compris un traître mot, mais j'en suis ressortie complètement chamboulée, retournée, j'étais ravie. C'est la symbiose, l'harmonie totale entre pablo et virginia, il joue, elle danse, elle danse, il joue. Suzanna pose problème, elle critique les amis de Pablo et Vir, et les traite mal, avec dedain et indifférence. Et devinez qui a droit à un traitement de faveur? La francesita! Elle me propse de l'accompagner courir, de l'accompagner danser, de l'accompagner faire des courses, eh eh! Ce qui énerve beacoup Vir qui a honte de sa copine. donc moi je ne cours pas, je ne danse pas, je n'achète pas, en tout cas pas avec Suzanna.
Pablo est très très gentil, on a une belle amitié, il me donne plein de conseils pour le restau, m'aide pour la musique, il compose lui même de la belle musique electro, joue merveilleusement du bajo, et m'apprends plein de choses sur le rock argentin.

Gustavo
Gustavo, c'est le fils d'une cliente de Flora. Elle a 9 garcons et deux pianos. je peux venir chez elle quand je veux m'a - t - elle assuré. Gustavo est pianiste concertiste, il joue dans des orchestre de la ville ou de la région. Il fait aussi des études de traductions. Gustavo n'a jamais eu d'amies filles, et en plus il est trés timide, trés artiste quoi. Alors Gustavo est tres lent, pose beaucoup de questions, s'intéresse au genre féminin, apprend à le connaître, réfléchis toujours avant de parler. Je manque de m'écrouler sur ma table endormie certains soirs tellement il s'exprime doucement, avec lenteur, tellement le rythme est plat, bref, Gustavo, c'est tout mon contraire. Je donne des lecons de francais a Gustavo, en echange il va me donner des cours de piano.

Natanael:
Natanael, c'est le romantique, le troubadour, le cyrano de Bergerac. Il chante des chanson d'amour en vous regardant droit dans les yeux, il prend des cours de chant lyrique, il adore l'opera, il joue de la guitare mieux que personne, c'est un ami de matias de la fac de lettre. Il adore les femmes, il trouve que toutes les femmes sont belles, c'est ce genre d'homme. Il peut passer des heures a vous raconter ses histoires d'amour, il aime l'amour, il tombe amoureux toutes les 5mn d'ailleurs. Il vient souvent chez moi chanter des chansons sur ma guitare qu'il adore, et il oublie régulièrement des choses comme ca il peut venir les récuperer apres, c'est pas le seul a faire ca je crois....

Pablito:
Pablito c'est le meilleur ami de Mati, il est grand et tres mince et il a les cheveux tous boucles. Il est en lettres aussi. Ses parents sont maítres et maitresse d'ecole. Il n'est pas tres bavard, mais il est tres gentil, et quand je fais des diners chez moi, il fait tout le temps la vaisselle et il range tout! c'est un garcon qui parle plus quadn il est seul avec quelqu'un mais comme ca n'arrive que tres rarement parce que mati veille au grain, je ne connais pas grand chose de lui, mais on a tres muy buenas ondas tous les deux, je l'aime beaucoup.

Facu:
Facu je l'ai rencontré hier, c'est un ami de matias, il a réparé mon radiateur électrique, tous lundis je vais lui apprendre le francais, et en echange, il m'apprend a conduire! ah ah! j'ai pris ma premiere lecon hier dans sa voiture toute pourrie c'etait genial! je dois limite passer les vitesses a deux mains, tres local, tres tres local.

Natalia:
ma seule copine, vraie copine je veux dire. Elle est serveuse au Flora et on est sorties qu'une fois pour le moment, pour aller voir un concert des babasonicos, une sorte te tokyo hotel argentin.
elle dessine des vétements qu'elle vend à des magasins. Elle fait 1,50m, elle a 22ans, elle travaille pour payer la fac de design, elle a deja une marque deposee, bref c'est une bombe a etardement, elle veut être riche plus tard, c'est son rêve, elle n'en demord pas, elle veut du fric, et à mon avis elle en aura. Elle est drôle et très dynamique, une vraie p'tite boule de nerf, et je vais passer le reveillon du nouvel an avec elle et sa famille.

Le ventre de la fleur

Système D

La Flora, c'est l'Argentine.
Les patrons c'est comme l'etat ils nous gouvernent, nous les serveurs, le peuple, ils nous exploitent, nous volent, nous surveillent, et nous, on se débrouille pour survivre. Il y a des cameras partout, pour voir si on vole de la nourriture, ce qu'on fait, allègrement! On repart tous avec des sucres, des condiments en sachet, du pain, des croissants, des couverts, et pendant le service, on s'ouvre des canettes, on se presse des oranges, on se commande des sandwich destinés a des tables imaginaires, c'est une alimentation générale cette cuisine, un self-service, on connait par coeur les angles morts des cameras, et on s'y cache pour manger nos larcins. Ils sont assez surpris parce que je vole des carottes rapees et des barquettes de légumes, mais je suis francaise, c'est normal, les francais sont sophistiqués. Ce mois-ci, le peuple va lutter, enfin, tenter d'émettre l'idée qu'étant donné la conjoncture actuelle, l'augmentation des matières premieres et tout le bordel, il serait bienvenu de la part de la direction qu'elle concede, dans sa grande mansuetude, 1 pesos (20 c d'euro, la moitié d'un carambar) d'augmentation par heure à ses humbles employés. La direction se concerte, hesite, vacille, le peuple a bon espoir, en attendant, il vole tout ce qu'il peut. Certains même encaissent des plats qu'ils ne font pas enregistrer et doublent leur salaire, mais ceux-là ce sont les vrais, les durs, les tatoués, les piercés, les drogués, les nez! Et oui, si la Flora c'est l'Argentine, la Flora c'est aussi la drogue. Pour rassurer tout le monde, dans tous les endroits oú j'ai travaillé certains serveurs s'enfarinaient la figure, dans la restauration c'est très très courant. (je vois déjà maman m'imaginant flottant sur le fleuve, inerte, la seringue encore fumante plantée dans le bras) Eux, les enfarinés ont deux fois plus faim que les autres, sont deux fois plus maigres, dix fois plus moches, sont deux fois plus actifs, evidemment il faut encore proportions garder, ils sont pas completement drogues, ils ne se shootent pas entre deux omelettes, mais ils sortent le soir et prennent de la coke comme on boit un whisky, et ils en reprennent avant de travailler comme ca ils ont pas besoin de dormir, c'est trés sain, très très sain! Et moi, je suis trés fière car on m'a déjà demandé ce que j'avais pris comme drogue avant de venir, certains jours je suis tellement heureuse de venir travailler, comme les jours où j'ai bien dormi, où j'ai eu de le chaude dans ma douche, où il fait beau et chaud, oú j'ai des tables bien placées et où je suis assurée de repartir avec mes 4 paquets de clopes, ces jours là rien ne m'arrête, je suis une vraie boule de bonne humeur, je chante, je danse, je ris et je fais rire, et bien ces jours là au début, on pensait quand on me connaissait a peine, que j'étais en pleine pente ascendante. Ce a quoi je répondais dans un espanol approximatif, mais d'un ton significatif, m'aidant de gestes, que oui, je me droguais, a l'amour, au soleil, au bonheur, a la vie, au dulce de leche, au cafe au lait, a la carotte rapee, a l'argentine, a l'amerique du sud. Et finalement, au lieu de me penser que je me drogue, ils pensent maintenant que je suis "media loca", a moitié folle, et là je laisse dire, parce que c'est "media verdad", à moitié vrai.
Cette semaine c'est un peu la semaine de toutes les vérités. Je suis partie deux jours en congé et il s'est dit des choses à mon sujet. A mon retour mercredi, une jeune serveuse, mariée de surccroit, m' a fait des avances, et toute la journée j'ai dû expliquer a mes collègues, que non, je n'aimais pas les femmes, que oui, c'est vrai, je suis amoureuse d'un francais, que non, je ne dis pas ca pour faire croire a tout le monde que je n'aime pas les femmes alors que je les aime vraiment, et que oui, je n'ai aucun mal a resister au charme des argentins. On m'a sommé plusieurs fois de venir en cuisine montrer mes dessous de bras, certains font courir le bruit que les francaises sont plus poilues que des ours siberiens, et j'ai dû faire taire la rumeur. Bizarrement ce bruit court à propos des francaises et des italiennes mais pas à propos des espagnoles ni des portugaises... mystère. Comme vous pouvez le voir, en cuisine, c'est du Zola, ca peut en choquer certains, mais personnellement je suis ravie de connaître ce genre d'ambiance, ces genres de personnes, et pour rien au monde je ne changerai mon poste contre celui plus classe et mieux payé de commerciale ou je ne sais quoi d'autre. J'ai d'ailleurs la carte d'une avocate, d'un pdg d'une grande marque de lait, des clients qui m'ont appréciée, je pourrais leur demander ce que je veux, mais je ne le fais pas, car Flora, c'est chez moi maintenant.

La Flora






La Flora, c'est tout nouveau, tout beau, en apparence seulement.
http://www.visitarosario.com/restaurantes/florabar/

La Flora c'est l 'Argentine, peu importe les moyens quand on a faim. La Flora fait, gagne de l'argent mais la Flora exploite le serveur, arnaque le client, et la Flora s'en cogne, s'en fiche, s'en contrefiche, la Flora pompera tout ce qu'elle peut pomper jusuq'à ce qu'elle se casse la figure, mais comme la Flora ne voit pas plus loin que le bout de son nez, la Flora persiste. Seguimos adelante.

La Flora, c'est l'Argentine, c'est le coeur de l'Argentine, la citadine.
En cuisine, je côtoie l'Argentine d'en bas, au salôn, celle d'en haut. En cuisine j'apprends la "boca sucia" (traduire la bouche sale), merde, putain, fait chier, et pire encore, bien bien pire, et j'apprends vite, et je m'en sers, je peux être plus boca sucia qu'un puto boludo d'argentino la concha de de su hermana la hija de miles putas, et au salòn, je suis plus fine et discrète que Carla face a Elizabeth, l'amabilité, le charme, la finesse, service compris, les clients sont ravis, enfin une serveuse qui n' pas une tête de rien, sos un bonbon, deliciosa, muuuuuuuuuy amable! Je vous retranscris ici le dialogue type, je répète 20, 30, 40 fois par jour la même chose, j'arrive à la table et je sais déjà ce que l'argentin va dire.
"Hola buenos dîas!
- Hola mi amor (le pays de l'amour je vous dis, ici tout le monde vous appelle, amor, mi vida, corazon, incroyable. Vous vous imaginez la situation, vous êtes au scossa, la serveuse vient a votre table, bonjour monsieur, bonjour madame.... bonjour mon amour! donne moi deux pieds de porcs avec une cassolette de flageollet, Merci mon coeur, tu es bien mignonne!) como te vas ?
- Bien y usted?
- pero de donde sos que tienes este lindo acentito?
- de Francia
- Hayyyyyyy! Y de Que parte de Francia?
- De Paris
- Hayyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy! Que liinnndooo! Y que haces aca en Argentina?
- Querria vivir al otro lado del mundo, en un pais donde sabia hablar la idioma asi podia trabajar.
- Y veniste sola?
- Si, sola,
- Haaaaaaayyyyyyyyyyyyy! Pero que valiente sos! Y te gusta Rosario?
- Por supuesto, Rosario es lo mas! Para mi es todo un mundo! Tambien la gente me recibe muy bien, estoy muy feliz aca.
- Y porque veniste aca en Rosario, y que haces en la vida, y tengo un hermano italiano, un abuelo espanol, mi prima se caso con un frances, estuvo dos semanas en Marseilla, y tengo un hijo de tu edad, te doy mi numero, voy a venir con amigas para que te vean, etc, etc...
Au debut, j'etais enchantée, de l'accueil des clients, de cet intérêt qu'on me portait, de ces questions, et moi je, et moi je, pensez-vous, j'etais au paradis! Et puis j'ai vite fini par me lasser, répéter toute la journée le même laius, c'est casse bonbon à la fin. A un moment j'essayais de parler le moins possible pour qu'on ne remarque pas mon accent qui déclanche a chaque fois
une pluie de questions, inlassablement les mêmes, mias impossible, je suis tenue au buenos dias, et parfois ces deux mots suffisent a me trair. Et puis j'ai fini par voir les choses du bon côté, grâce à cet accent, on remarque que je suis francaise, je glisse de temps en temps que je suis musicienne et que j'écris, et on me présente des jeunes gens de mon âge qui ont les mêmes centres d'intérèts. Et le fait de répéter la même chose toute la journée me fait parler de mieux en mieux et de plus en plus vite, en passant je fais rire mes collègues en imitant mes clients, donc, au final, c'est plutôt sympatique, et ca paye bien, les pourboires pleuvent, mes poches se remplissent, enfin il faut proportions garder, pour vous faire une idee, une mauvaise journee, je repars avec 30 pesos de propinas, l'equivalent d'un paquet de clope et d'un café au comptoir en france, et les bons jours, je repars avec 4 paquets de clopes.

la médecine argentine

Revenons en au chien, ou plutôt, à la morsure.
J'ai un peu peur, j'angoisse, je pense que j'ai attrapé la rage ou le tetanos, la morsure me fait mal, elle a pas une bonne tête. Je dis à mon roc que je veux voir un médecin. On se précipite avant que j'embauche au Don Ferro. Là, on me panse, on me bande, on m'envoie a la pharmacie pour m'antibioter. A la pharmacie, on m'attrappe, on me dit de suivre le monsieur, je suis le monsieur, il va dans l'arrière boutique, je vais dans l'arrière boutique, il ferme la porte, je m'inquiète, il me parle, je ne comprends pas, il me fait signe de baisser mon pantalon, je m'exclame, que???? PORQUE????? il me montre un vaccin, je me calme, un antitetanique, ouf! l'Argentine reste le pays des bisous et des câlins! MAIS! on est dans l'autre emisphère, et si l'eau tourne dans l'autre sens dans le lavabo, ici on vaccine les enfants dans le bras, les adultes dans les fesses.Un autre monde, c'est ce que je suis venue chercher, je ne me formalise pas, argentine je veux être, argentine je serai et je me ferai piquer dix fois le derrière s'il le faut. Me voilà soignée, rassurée, prête à attaquer le boulot, avec déjà une bonne anecdote en poche.

Amours chiennes

Je me léve, tôt.
Bonheur, il fait beau, mieux, il fait chaud.
Girardo, mamita sont là, m'asseyent, ces gens là passent leur temps à m'asseoir, vident leur frigo dans mon assiette, que dis-je, c 'est le magasin tout entier qu'on me propose d'ingérer ce matin. J'ai repéré une mandarine et du pain complet, j'attrappe, je mange, j' ai honte, je me cache presque, c'est la première fois que j'ai honte de manger sainement.
J'accepte de sucrer mon thé, par politesse.
Le chien. le méchant dalmatien.
Je lui dis bonjour, je le caresse, j'approche ma tête de la sienne pour le bisouter, on est pays des bisous et des câlins, je veux rendre au chien ce que les argentins me donnent, il me mord, le bâtard. A la tête, rien. Au bras, un trou de la taille de sa canine, des boules de graisses jaunes qui sortent, je m'evanouis presque, je pense a ce a quoi je viens d'echapper de justesse, je pense à la première greffe faciale, mon visage, mon cher visage que je tartine tous les jours de crèmes a failli servir de croquettes a ce batard de dalmatien. Ca sera la dernière fois que je verrai ce chien, on a coupé tous contacts depuis, la maison lui est désormais condamnée, c'etait lui ou moi, on m'a choisie moi. Quand je suis là, on l'envoie dehors, je suis bien contente, bien contente! Mais au final j'ai gagné la bataille, et lui la guerre. J'ai maintenant peur des chiens, et à Rosario, ils courent la rue, 300 morsures par mois, je suis sur mes gardes en permanence.
De l'alcool, du PQ, on zappe vite fait l'épisode et on se prépare pour sortir.
Mati nous rejoins, El Mauro, le grand farceur de la famille descend l'escalier de fer, et nous partons tous les quatres avec Girardo en taxi dans le centre de Rosario. Aujourd'hui deuxième jour, je n'ai qu'un seul objectif, trouver du travail. Je l'ai fait savoir, je l'ai dit a tout le monde, "necesito trabajo". Mati, mon roc, va m'aider, il va être formidable et cette journée sera une des meilleures que j'ai passé jusqu'ici. Nous nous rendons au centre centre de Rosario, au monumento de la bandera, une tour et une grande esplanade style trocadéro dédiés au drapeau argentin. On monte tout en haut de la tour, je pense à Come et Elou qui m'auraient demandé si elle était plus haute que le ciel, si elle pouvait toucher les nuages, combien de kaplas il aurait fallu pour la construire. La vue est magnifique, et enfin je le vois, large, boueux, puissant, le fleuve, el rio, la Parana. C'est le fleuve le plus large que j'ai jamais vu, et sur la rive opposée, surprise, il n'y a rien. Pas de ville, pas d'immeuble, pas de maison, la nature à perte de vue, c'est superbe, hermoso. Mati donne un cours d'histoire, de géographie, de sociologie, tout à la fois, j'entends, j'apprends et, Ô miracle!, je m'intéresse, je me tais, j'ecoute! Serais-je en train de changer, serais-je en train de trouver celle que je suis venue chercher? Méfiance, ne nous réjouissons pas trop vite, ce n'est que le début, pas encore 24h que je suis arrivée.
Nous redescendons, et attaquons les recherches . D'entrée je clarifie les exigences. Je veux être serveuse, je veux servir près du fleuve, et je veux servir des gens riches, car j'ai besoin d'argent. ca tombe bien, la rive regorge de cafés chics. Nous les visitons un par un avec Mati, et à la fin nous tenons un discours bien rôdé: "Hola, je m'appelle Anne, j'ai 23 ans, je suis francaise, je parle francais anglais et espagnol, j'ai été serveuse dans des restos chics à Paris, je suis agile, rapide, efficace et polie, j'ai besoin d'un travail, je peux commencer tout de suite."
Le soir même j'embauchais comme recptioniste dans Le resto de Rosario, El "Don Ferro", installé dans une ancienne gare feroviaire. Le lendemain je faisais un essai comme serveuse dans le café bar de la même entreprise, "La Flora". J'ai choisi "La Flora" pour les pourboires et la brigade de serveurs jeunes et souriant qui anime le lieu. J'ai un travail, c'est beau, c'est grand, un objectif atteint, le premier, en même pas 24h.

Mati et les Cadi




16h, al almacen, Matias.

Derriére la caisse un grand bonhomme, haut, large, bonne tête toute ronde, sourire franc, beaux yeux verts, rieurs.
" Annita! Como te vas? Dame un beso!"
Je crois que je vais aimer ce pays. Des bisous, des câlins, du chaud, du chaud, ici c'est l'hiver mais je suis en pleine canicule. Il sort une cigarette, l'allume, me la tend, rituel qui deviendra récurrent, Annita, como te sientes, en que pensas ahora, extrañas? Questions auxquelles je devrai


répondre tous les jours. Matias, c'est le roc qu'on grimpe, la branche qu'on aggrippe, l'homme sur lequel on peut compter. Il est oreille, il est conseils, il est soleil. Matias, c est l'Argentine, accueillant, curieux, solidaire. Chaud. On fume, on fume, on attend El Mauro, l'ainé, qui doit venir prendre la relève a la caisse a 18h. Cette foutue caisse, je la déteste. Les Cadi y sont enchaînés, c'est leur pain, leur milanaise, leur mayonnaise, et on a tenté mainte fois de leur ôter ce pain de la bouche, alors les cadi se relaient pour couver la caisse, c'est la fille, la petite soeur qu'ils n'ont jamais eu, et moi j'en suis jalouse, elle me fait concurrence la p'tite soeur. Toujours, quand je viens leur rendre visite, une à deux fois par semaine, je dois attendre que la caisse les libère à 23h pour qu'on soit enfin tous ensemble. On se retrouve alors, on s'embrasse, on se baffre, on se charrie, les cadi, c'est les frères que je n'ai jamais eu. J'en ai quatre, mais, son grandes. Les cadi, eux, ont tous mon âge ou presque, entre 18 et 24 ans, les cadi, ils n'ont pas d'enfants, les cadi ne savent pas encore que je suis insupportable et capricieuse, irresponsable et paresseuse.

Un coup de tete

Le 19 aout, 23h, aeroprt Charles de Gaulle Etoile

Me voila prete a embarquer, valise en soute, guitare en bandouliere, dans l'avion qui m'emmene en Argentine. Je viens de quitter Sophie, Vince et Hadrien qui m'ont accompagné et attendu jusqu'au dernier moment pour partir. Je suis très contente qu'ils soient là, et ne peux ressentir aucune tristesse ni nostalgie précoce, une curiosité fébrile tient mes yeux secs et mon coeur joyeux. Je ressens une légère appréhension, due au fait que le trajet de 12h d'avion me fait un peu peur.
J'embarque, m'assieds, décole, reste éveillée les 12h du vol, arrive hagarde a 7h du matin heure argentine à l'aéroport de Buenos Aires.

Il fait gris, l'ambiance est glauque, je suis assaillie par les chauffeurs de taxis qui voient sans doute en la petite blonde toute frêle que je suis la pigeonne idéale à balader dans toute la capitale. Grâce aux recommandations de mon cher Papa, je prends un taxis bus qui m emmènera jusqu' à Rosario, a 300 km de de Buenos Aires. Je l'attends une petite heure, fumant clope sur clope, tentant vainement de dissiper le brouillard d'incertitude qui m'envahit, alors qu'au téléphone je prends une voix bien assurée pour mentir a mes pauvres parents, affirmant que dans peu de temps je retrouverai Nico et Clément pour parcourir l'Argentine avec eux. En réalité, Nico et Clem sont au Pérou, et je ne connais ni d'Eve ni d'Adam les gens chez qui je passerai ma première nuit. Me voilà bientôt dans le bus Tendia y leon, et je m'endors bien vite, pour me réveiller trois heures plus tard au niveau de la grande banlieue de Rosario. C' est tout plat, c'est tout pauvre, à des années lumières de ce que j'avais imaginé. Des bidonvilles, des décharges, des grillages, le ciel est gris, la terre aussi. Qu'à cela ne tienne, j'ai les yeux ecarquillés, le sourire aux lèvres, c'est Rosario, c'est ma ville, c'est nouveau, c'est beau. Je suis la dernière dépose, on m'emmène calle Michelletti, chez Matias Cadiergo, un ami de voyage de Nico, ils se sont rencontrés a Misiones et ont fait un petit bout de chemin ensemble.

Une petite, toute petite maison, une petite, toute petite porte en bois qui ferme avec une de ces petites serrures de toilettes, une petite bonne femme la cinquantaine bien tassée, clope au bec, torchon au bras, qui m'accueille d'une franche accolade à la yankee, m'arrose d'un espagnol incompréhensible, le seul mot que je comprends c'est "me entiendes, me entiendes? ("tu me comprends?"), j'opine du chef d'un air entendu, et souris poliment, ca passe, le torrent ne s'arrêtera plus, la tornade blonde me fait asseoir, me sert une clope, envoie une assiette pleine d'escalopes de poulet milanese, une autre pleine de tortilla espanola, une autre pleine de pommes de terres, le tout arrosé de mayonaise et de gaseosas en nombre. Suis-je censée tout avaler, comment esquiver ces kilos de graisse qui me tendent les bras, comment manger peu sans avoir l'air d'une parisienne délicate et compliquée? En partant, je n'avais qu'une certitude, en Argentine j'allais, argentine je deviendrais. En arrivant, je dois me rendre à la raison, ca me coutera cher en cholesterol.

Arrive Martin, le troisieme garcon d'une fratrie de quatres "varones" (lire baronesse). Calin a la yankee, une panse bien pleine, nous voilà partis pour retrouver mati dans le négoce familial.
Les cadi vivent dans la Zona Norte de Rosario, Barrio Fisherton, du nom de son propriétaire, un nouveau quartier, bourré de belles maisons et de country clubs, le jockey y est présent, seule une petite partie résiste encore et toujours à l'envahisseur, la nôtre. Je dis la nôtre car déjà je suis des leurs. Ma famille, c'est eux, mon port d'attache, c'est eux, mon nord, cette maison simple, ce foyer "humilde", ces toilettes sans chasse d'eau, ces murs sans peintures, c'est désormais mon univers, et nul par ailleurs en amérique je ne trouverai la chaleur et la joie que me procurent cette maison et ces gens.