La vie est faite de rencontres, de hasards, de coups de pouces du destin, de chance, d'opportunites qu'on laisse de cote ou qu'on saisi au vol. Je tente de la faire courte.
Maman et Papa par chance sont de droite et se sont abonnes au Figaro, par chance maman a vu l'annonce de cette ecole franco americaine, par chance j'ai passe le mediocre concours d'entree que j'ai resussi, par chance j'y ai rencontre Nico, par chance nous avons fait routes a part il y de cela un an, par chance il est parti en amerique du sud, par chance il s'est retrouve a Misiones, par chance il y a rencontre Mati, par chance un matin je me suis reveillee en ayant pour unique but d'atterir un jour ou l'autre en argentine, par chance j'ai eu la bonne ideee de demander a Nico de l'aide, par chance il m'a donne l'adresse mail de Mati, je l'ai contacte, je suis arrivee chez lui un beau mercredi du vingtieme jour du mois d'aout 2008, un jeudi j'ai ete embauchee a Flora, suis devenue serveuse, ai sympatise avec moults clients, connu un jour la capoeira, suis tombee sous le charme de la culture bresilienne, ai decide que le Bresil serait ma prochaine etape, en ai touche mot a une cliente, une vieille dame tres digne, en soulignant que lassee de la ville et du moderne je voulais m'isoler de la civilisation urbaine pour me rapprocher de la nature et en apprendre plus sur le monde sans ses aparats et moi meme.
ET....
Il se trouve que la cliente en question a un fils qui s'appelle Luis, la quarantaine, marie, un enfant, architecte, batisseur de cabanes en bois. Il est parti pour en construire, un contrat de trois mois, a Bahia, tres exactement a Santo Andre, a 25km au sud de Salvador de Bahia, le coeur culturel du Bresil. Le loco n'en est jamais revenu, ca fait dix ans qu'il est la bas, en pleine nature, au bord de la plage, dans du bleu, du vert, du blanc, du transparent, du joli, du sauvage, du nature, du vrai.
Je pensais pour vous dire la verite qu'il construisait des cabanes de pecheurs pour les locaux du village. Je me disais " PARFAIT", pas de luxe, pas de bruit, pas de brouhaha, du calme, de la volupte, du brut.
J'ecris le jour meme, samedi dernier, au Luis en question : coucou je m'appelle Anne, je voyage, je suis tombe amoureuse du bresil en faisant de la capoeira, je voudrais vivre d'eau fraiche et de poisson, je suis fatiguee de la ville, je veux courir cul nu dans l'herbe folle, tu peux m'heberger s'il te plait? ca serait super! gros bisous, Anna. PS: ta maman m'a dit que tu avais une adresse de site web ou je pourrais voir ton village, tu peux me la donner que je me fasse une idee? merci mille fois, gros becos.
Le landemain je recois un mail de Luis qui me dit qu'il arrive le jour meme a Rosario, c'etait prevu qu'il passe dix jours avec sa maman, ca tombe bien! Et il me passe les sites webs que je vous ai envoye dans le mail. Je regarde, et la je tombe quasiment de ma chaise, je pousse cris de truie de joie devant mon ecran, je me frotte les yeux dix fois, les cabanes de pecheurs en question c'est pas vraiment des cabanes de pecheurs, ou alors il sortent de l'eau dix kilos de caviar par jour! Je n'en crois pas mes yeux, je regarde les photos du village, des gens, de la cote, je bave, les touches du claviers sont noyees dans le flot de mon emerveillement. Je reponds direct en envoyant mon numero de telephone, on s'appelle on s'fait une bouffe? j'attends ta reponse, tarde pas trop je brule d'impatience, dans moins de deux secondes je suis en cendres.
Ce matin coup de tel, Gladys, vieille dame digne, m'invite a boire un cafe avec elle et son fils a 14h30 au "cafe Paris", c'est rigolo non? oh! c'est a mourir! je cours, je vole!
J'arrive, vieille dame digne, grands coucous, Hola! Hola! encantada, Anna, encantado, Luis, un gusto, igualmente, sientate, cortado en jarrita mita y mita por favor. Le cafe arrive, Gladys prend conge, je reste avec Luis. Je n'ai pas touche mon cortado, je n'ai pas goute une miette de mes petits gateaux, j'ai bu les paroles de Luis, me suis noyee dans son regard bleu azur, oublie que j'avais un paquet plein de cigarettes dans mon sac. En sortant de notre charla de deux bonnes grosses heures, je ne savais plus ou j'etais, qui je m'appelais, je savais simplement qu'il y avait le ciel au dessus de ma tete, qu'il etait incroyablement bleu, et je n'avais qu'un mot en tete, oh mon dieu, et merci. Je ne sais pas qui je remerciais, mais j'etais reconnaissante. Ce type est incroyable et je l'ai rencontre au bon moment, il n'y en avait pas de meilleur. Il a beau construire des cabanes de luxe, il vit dans une simplicite extreme, se contente de peu, se nourrit de tout, degage un calme apaisant, parle avec une sagesse bouddhique, il n'a pas d'age, il est divin.
Conclusion:
" Anna, venite en Santo Andre, no te prometo nada, solo que te ayudare lo mas que puedo"
" Anne, viens a Saint Andre, je ne te promets rien, seulement que je ferai tout pour t'aider"
"mmmmm no se, voy a pensarlo" "mmmmmmmmm je sais pas, jme tate"
Evidemment non, je le recontacte en mars pour lui donner ma date d'arrivee, direction Saint Andre donc, a partir du 17 mars, jusqu'a je ne sais quand, certains y sont alles pour une semaine, et n'en sont jamais revenus...
Alors pour se faire bien sur, c'est pas simple. Je me suis encombree ici de tout un tas de pacotilles, vetements, amplis, pieds de micro, mixer blinder, presse orange...
Et bon, on va dire que je pars au bresil dans le but de me defaire du tout superflu, du tout materiel, pour arriver au tout rien du tout. Mi-mars donc, grosse brocante dans mon apart, TOUT DOIT DISPARAITRE, je garde la guitare, le yukulele, et le sac a dos rempli du strict minimum, et le reste, je le vends et me paie le billet pour le Bresil avec. Ca fait partie de l'initiation au monde du vrai, du tout essentiel, du rien materiel, c'est beau, c'est grand, c'est PUR!!! Avec Luis on s'est mis d'accord, a ma ferme demande, la bas je ne vais pas travailler, je vais me rendre utile, j'aurai en echange une couche, une gamelle remplie tous les jours et de quoi m'acheter des coquillages pour decorer ma case. Ce que je vais faire, on le decidera sur place, en attendant Patagonie avec le Nico, le temps va passer vite, ensuite terre de feu avec boulette, on va pas s'ennuyer, et ensuite, ensuite....!!!!
VoilA, je suis plus heureuse que jamais, je ne pensais pas que c'etait encore possible, confiante, rassuree, je pars en patagonie le coeur leger, " te vas a encontrar con tus dios interiores en Patagonia" me disait Luis y a pas 8 heures, on verra bien, en tout cas merci papa, merci maman, merci le figaro, merci le mba, merci nico, merci mati, merci flora, merci Gladys, et MERCI LUIS!!!!!
Du coq a l'ane
Hace 17 años
1 comentario:
coucou ma ptite soeur ! J'ai bien rigolé en lisant ton dernier blog ! Il n'y a pas que la chance... Je ne sais pas si tu as lu l'alchimiste du brésilien Paulo Coelho mais il s'agit également de signes dont tu as été à l'écoute et qui te permettent de tracer ta voie comme celle que j'ai pu tracer, pas très droite, mais avec toujours le même but, la même passion et les mêmes envies. Je te souhaite plein de bonnes choses au Brésil qui est un pays merveilleux. Je suis ravi que tu n'aies pas touché à tes cigarettes... Il faudra que tu écoutes plus souvent ce monsieur qui te fait oublier de fumer...Profite de tous les instants et de Nicolas ! Les parents étaient ravis de leur voyage. En tous cas, avec toi, on ne s'ennuie pas ! Essaye de conserver des traces de tes périples car il faudra un jour relater tout celà à tes enfants et petits enfants.... Je t'embrasse. Hugues
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