viernes, 7 de noviembre de 2008

Le mois d'octobre


Photos: Christelle et Juan, un mec super sympa qui tient un hostel a deux pas de chez moi, on boit un mate a casa, sur mon bloc de ciment
Papa et maman avec les cadi, grosse bouffe a la maison, pinard fromage saucisson et armagnac, tout ca venant de France, rencontre entre les deux familles, genial
Le beau bazard de ma chambre que je n'arrive pas a garder rangee depuis que le nico a debarque mais la sienne vient d'etre terminee, il demenage demain dans celle d'a cote.
Pause clope dans les toilettes de flora avec un pseudo starbuck ama sauce, expresso lait froid creme chantilly battus avec de la glace dans un shaker, je ne me refuse rien et brave tous les interdits. J'ai pris contac avec une autre cliente avocate qui m'a laisse sa carte pour me renseigner sur les droits du travailleur en argentine...




















Le mois d'octobre fut grand, genial, geant, PARFAIT!!!!

Par ou commencer, je ne sais pas.
Papa et maman sont venus me voir et ca c'etait assez incroyable. Ils sont rentres dans mon petit univers, on vu tous mes amis, mon appart, mon travail, un concert completement foire, mais ca c'est secondaire, le fleuve, Rosario, l'Argentine. Pendant une semaine je n'ai vu qu'eux, j'ai pu les caliner, les embrasser, leur tenir la main dans la rue, recevoir leurs conseils, entendre leurs avis, etre leur fille, et eux mes parents. Comme je leur avais menti en partant, nous n'avions pas pu nous dire vraiment au revoir puisqu ils pensaient que je rentrerais trois semaines apres mon depart. Nous avons donc eu de vrais adieux, tristes et deprimants, de ceux dont on se console en dormant, parce que c'est le seul moment ou on ne ressent pas le manque qui nous tient.
Pendant une semaine ils m'ont traites comme une petite reine, comme une petite derniere et je n'ai jamais autant deteste travailler a Flora! Les sachants tout pres, et pour un temps tres court, il etait tres dur de ne pas feindre la bonne grosse gastro entherite qui m'aurait permis de passer toutes mes journees avec eux.
Nous avons visite, nous avons baffre, nous avons decouvert et ils ont rencontres. Rencontres ma famille d'accueil, mes amis argentins, mes amis francais, et mes responsables. Je crois, j'espere, qu'ils sont repartis rassures, tristes de me quitter mais heureux de me savoir en securite, epanouie et bien entouree.

Le tour de chant que j'ai donne devant eux etait un vrai desastre, du moins de mon point de vue. Completement demontee par ma mediocre prestation, je me suis dit, PLUS JAMAIS! Le dimanche suivant je me suis donc rendue au brunellesco, le bar ou je joue, deux heures avant le concert et la j'ai repete en boucle les six chansons pendant trois bonnes heures devant le pauvre Juan et les quelques clients presents.
A 23h j'ai joue, et les efforts furent recompenses, un sans faute, j'etais tres a l'aise et me suis fait plaisir, le public, enfin, la quizaine de personnes presentes ont apprecies ainsi que le meilleur ami de ma colloc, Lucas. Je le mentionne car il a un frere qui travaille a la radio universitaire de rosario, il va lui parler de moi et tres prochainement si tout se passe bien, je vais pouvoir venir pousser la chansonnette dans leur studio, perspective qui me ravit! Maintenant que Nico est la, les possibilites sont plus larges, nous sommes deux guitariste et deux chanteurs car nico a maintenant derriere lui neuf mois de tournees dans les bars du perou, de l'equateur, de bresil, de la bolivie, de la colombie, du costa rica, de l'argentine, du chili, du panama, il a pris de la bouteille et il chante tres bien, d'une belle voix assuree. Nous allons donc mettre tout cela a profit! Dimanche nous chanterons tous les deux, et nous irons ensuite faire la tournee des bars pour pouvoir nous produire un maximum! Au niveau de la musique, tout se passe donc de mieux en mieux, mon experience de la scene s'etoffe, et avec Nico a mes cotes, elle va s'enrichir; a deux guitaristes la musique prend plus de poids.

J'ai fait une tres belle rencontre, celle d'une francaise, Christelle. Un jour je suis allee rejoindre les francais auxquels j'avais donne rendez-vous sur mon bloc de ciment qui donne directement sur le fleuve, ma maison comme je l'appelle. Je me le suis approprie car personne n'y va jamais alors que c'est un endroit calme, reposant, apaisant, la vue est imprenable, il y a de l'ombre et du soleil et on ne peut pas etre plus proche de l'eau. Les argentins eux preferent s'entasser sur l'herbe ce qui au final m'arrange. J'y ai rencontre de nouveaux francais, sympas sans plus, francais quoi ( desolee je fais un rejet, ca fait parti du processus, c'est sain,c'est tres sain, on rejette d'abord, on explique ensuite, on accepte enfin...), garcons en plus donc je n'etais pas enchantee. Nous sommes alles ensuite nous poser dans un cafe, avec d'autres francais, d'autres garcons, je n'en pouvais plus, il y avait la une dizaine de garcons, de la biere, j'etais la seule fille, il s'en est fallu de peu pour que je les lache et parte en courant chez moi. Heureusement il y avait un bel anglais qui a retenu mon attention je suis donc restee. Et quelle ne fut pas ma surprise et mon soulagement de voir arriver 15mn plus tard une ravissante et delicate jeune fille, blonde aux yeux bleus comme moi, francaise, souriante, fraiche, et vivante. Une fille, enfin! Ni une ni deux j'ai lache le rosbeef, me suis precipitee, j'ai chope une chaise, je l'ai assise a cote de moi, et en parlant avec elle je me suis rendue compte avec bonheur qu'elle etait tres sympathique et mon malheur n'en fut que plus grand quand j'ai appris qu'elle repartait pour la France 15 jours plus tard. Le coup fatal fut quand je me suis rendue compte que ca faisait un mois que j'avais son numero et que j'aurais pu faire cette rencontre plus tot. Mon ami Gustavo me l'avait passe en me disant que elle etait une francaise de 30 ans, qui faisait partie de l'opus dei et qui etait prof, autant dire que ca ne m'a pas fait rever du tout et que je n'ai absolument pas pris la peinde l'appeler. En fait Christelle a 21 ans, elle est dans une residence qui appartient a l'opus dei mais n'en fait absolument pas parti et donne des cours de francais en tant qu'assistante du professeur de la faculte. On a donc tout de suite sympatise, pris moults pots, bu litres de cafes, fume dizaines de clopes, crache sur les francais, encense l'argentine, echange souvenirs, impressions, aspirations. Elle a beaucoup voyage dans l'argentine et l'amerique du sud, m'a passe un sac rempli de prospectus, contacts et bons plans de toutes les villes qu'elle a visite, elle a rencontre les parents,ils ont dejeune tous les trois a Flora, maman veut deja la marier avec Laurent, bref, c'est devenue une tres bonne amie.

Il y a trois jours elle m'a invite a sa despedida, son pot de depart au sein de sa residence de l'opus dei, et c'etait tout simplement fantastique. Il y a dans cette residence une vingtaine de jeunes filles, toutes etudiantes et catholiques. La presence des hommes est interdite, elles s'autogerent, pas de superieure ou quoi que ce soit, juste l'une d'entre elle est nomee responsable et se charge de donner le mouvement pour les repas et le couvre feu. Elles dinnent toutes ensemble et ne peuvent plus rentrer dans la residence a partir de 10h30. Si elles sortent elles dorment chez leurs amis. Elles sont toutes plus gentilles les unes que les autres, tres ouvertes, tres attentionnees. Por vous dire, Christelle part demain et trois d'entres elle vont se taper cinq heures aller cinq heures retour pour l'emmener a l'aeroport de Buenos Aires. Le soir ou je suis venue c'etait fete de deguisement sur le theme Dulce de Leche, elles etaient toutes deguisees, et avaient fait moults gateaux a base de Dulce, on s'en est mange les doigts. Apres le diner elles m'ont demande de chanter, j'ai attrape une guitare et me suis retrouvee devant vingt jeunes filles qui m'ecoutaient d'un air bon et avenant, ca m'a fait un bien fou et j'ai ressenti une grande emotion, un frisson de bonheur tres special. Je vais revenir dans ce lieu, je m'y sens bien et c'est un vrai petit paradis, pas de garcons, pas de bieres, le bonheur absolu!
Christelle part demain, on s'est dit au revoir tout a l'heure, je suis un peu triste mais j'ai trouve vingt autres copines, qui malgre l'endroit qui leur sert de maison ne sont absolument pas coincees ni chochottes comme on pourrait le presupposer, comme le presupposent tous les gens a qui je parle de cette residence et de ses habitantes.

La garnde nouvelle c'est que le Nico est arrive, il m'a fait une belle surprise, une vraie surprise. Lundi dernier il m'a envoye un message en me disant qu'il etait bloque au costa rica car il avait perdu le papier qui atteste qu'il n'a pas la fievre jaune. Il fallait qu'il attende qu'on le liu renvoie de France , et c'etait pas demain la veille que le foutu papier allait arriver m'ecrivait il. Tres decue je suis partie a la plage ( il y a des plages de sable blancs sur le fleuve avec petites paillottes, tres agreable, comme a la mer quoi) me changer les idees avec Christelle et Leo. Nous avons bronze, toaste, crame. Nous sommes revenues en bus. je suis descendue du bus, j'ai marche jusqu'a ma rue et en voulant la traverser pour rejoindre mon trottoir, j'ai vu en face de moi le Nico, guitare en bandouliere, sac au dos, un grand sourire aux levres, tout fier de son coup. Un grand bonheur, un moment qui restera grave, une histoire incroyable qui en fait rèver plus d'un ici. Il s'est installe dans mon appart, et nous sommes maintenant colocataires puiqu'hier a ma grande surprise encore une fois, il a paye 500 pesos sonnants et trebuchants au dueno pour poser ses affaires dans la chambre mitoyenne a la mienne. l'etoile au dessus de ma tete brille encore et toujours, la vie me gate, et je suis sur un petit nuage depuis quatre jours.

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