

























Et voila!
Apres 12 jours de marche, dont un de repos a Villa la angustura, le temps d'y trouver un p'tit job d'appoint en attendant l'arrivee de la Boulette, nous voila a San Martin. Alors j'annonce tout de suite la couleur, la victoire n'est pas totale. Les 15 derniers km nous ont resiste... Voila toute l'histoire.
Hier apres une petite marche, nous arrivons a un refuge bed and breakfast, tout mignon, perdu en pleine montagne, tout en bois. Ricardo nous accueille, panse genereuse, sourire avenant, grands yeux rieurs. Il nous previent tout de suite, c'est 35 pesos le dejeuner, et en plus ils sont en travaux, il n'y a personne alors ca sera pas follichon follichon, raviolis a la creme. Nous on dit, non non non,trop cher trop cher, on va prendre une biere et un cafe. Il sert un litre de Quilmes au nico, et une cafetiere entiere de cafe pour moi toute seule. On boit peu a peu, on fait la discute, racontons toutes nos histoires, finalement il nous invite a dejeuner avec ses ouvriers, on reste deux heures a table, a 4h, on s'apprete a partir, et la, gros grain, on reste prendre d'autres cafes, jusqu'a ce que le soleil revienne. On repart comme des piles avec le Nico, (le loco nous a tout offert en plus), et apres tout le cafe, toutes les proteines des oeufs, les sucres lents du riz, on pouvait plus s'arreter! Un melange de fatigue et de surexcitation nous faisait dire betises sur betises, on rigolait pour rien, nous emerveillions de tout, le trajet etait trop beau, l'air refraichi par la pluie, on s'est dit, banco, on va jusqu'au prochain resto qu'on trouve, la fleur au fusil, les doigts dans le nez en valsant!
Ricardo nous avait dit qu'il y avait un parilla a 10km, et ben non, a 10km il y avait un mirador et rien d'autre... On s'est pas degonfle, on a continue, on a enleve le chaussures, pieds nus sur l'asphalte, des ampoules partout, on est arrives langue pendante sur les rotules a 9h du soir dans le resto en qustion, on avait fait 20km en une journee, ca ne nous etait jamais arrive!!!
on a bien dine, on a papote avec Miguel le patron jusqu'a minuit, il nous a laisse planter la tente dans le jardin. On est repartis ce matin, on avait pas fait 2metres que deja on boitait,punis par l'enthousiasme de la veille. Nico a six ampoules sur les pieds, dont une chair a vif, une horreur, les pansements n'y faisaient rien c'etait affreux. 25 petits km nous separaient de san martin. on en a fait 10, a 2 a l'heure, boitillant, claudiquant, sous un soleil de plomb, on faisait peine a voir, surtout le Nico, il s'endormait comme ca, en pleine pause cloque, j'avais de la peine, on etait bon pour l'abattoir. Avec tous les muscles qu'on s'est fait en marchant ils auraient fait un superbe asado... Alors je me suis dit, on est courageux, mais on est pas maso, on est braves, mais on est pas idiots, alors j'ai leve le gros pouce, comme ca, en l'air, comme un Cesar l'aurait fait au Colisee, "la vie, la vie!" Et la... personne ne s'arrete. Je distribue moults majeurs pour exprimer ma colere. Alors, strategie strategie, on reprend les choses en main: "Nico, on va se trainer jusqu'au mirador, la les voitures s'arretent, on s'en fout on monte dedans!" On fait donc 500metres de plus, dans la douleur, la souffrance, la deception, la desillusion, la tristesse, tout ce que vous voulez. OHHH! une camionette de pigeons arretée de notre cote, chouette chouette chouette!!! j'accours, mettant mes dernieres ressources dans mon ultime effort, m'approche de la vitre du conducteur, m'apprete a l'interrompre de maniere intempestive en plein milieu de son discours pre mache " a su isquierda chicos, el rio de mi culo, a mano derecha, el mismo rio, estupendo no???!!!!". Et la une voiture passe et me klaxonne et s'arrete: " ca fait trois fois que je vous vois depuis deux jours, vous voulez que je vous emmene??" on monte, on s'installe, on respire, on s'assied!! " vous etes fous, vous venez d'ou, ca fait deux jours que je vous vois marcher!!!" on raconte, le type est proprement hallucine, il a bosse en France tout ca tout ca, plein d'historiettes, dix minutes de voiture pour faire ce qu'on aurait fait en trois jours en rampant, on arrive a san Martin, il nous donne son numero en nous invitant a venir planter la tente gratos dans son domaine a 11km de la en pleine nature. Je remercie poliment en me disant que maintenant que j'y suis a san martin, j'y reste! Et bien en fait pas vraiment au final, parce que je deteste cet endroit, trop grand, trop cher, trop touristique, et je n'arrive pas a m'habituer a tant de beton, de bitume, de va et vient, de voitures, c'est proprement insupportable, et encore, ici ce n'est qu'un village! on s'est traine peniblement jusqu'au resto, je me suis dit, avec un bon soda, une bonne viande et une grosse part de gateau, le plaisir va revenir, c'est sur, j'me connais trop, la poule de luxe va rechanter! Et bien non, deprimee je suis, je ne prends meme pas de plaisir a manger autre chose que du riz! Du coup demain on court dans le domaine de Beto, planter la tente et rallumer le feu!!
CONCLUSION:
Tout vient a point a qui sait attendre, prudence est mere de surete, qui trop etreint mal embrasse ou le contraire, pierre qui roule n'amasse pas mousse, tout ca tout ca, on aurait pas du les faire les 20km de la veille, pas bien, pas bien!!!!
CONCLUSION GNERALE POINT PAR POINT:
distance parcourue: 185 km
duree: 12 jours
ampoules: 8,6 pour Nico, 2 pour moi, pas encore parties, persistantes, tenaces, des vraies plaies!
pieds: pourris, sales, puants
odeurs: moultes, transpiration, feu de bois, cigarette froide, un doux melange...
hygiene: minimale
alimentation: simple, basique, the au p'tit dej, sandwich jambon fromage avec tomate et pomme au dej, rizotto a la soupe le soir, mais ATTENTION! tous les soirs une soupe differente, s'il vous plait!
rencontres: multiples, geniales, inoubliables, fortes, tout a la fois
paysages: IL N Y A PAS DE MOTS
PATAGONIE: PATAGONIAQUE...!!!
2 comentarios:
Tu as dû mettre trop de places pour des photos invisibles , ce qui rend la lecture de ton blog problématique.
Heureuse que tu sois arrivée à bon port même s'il est trop touristique. Je vais en rajouter sur la sagesse des nations : chi va piano va sano, qui veut arriver loin ménage sa monture; A cœur valeureux rien d'impossible, impossible n'est pas français,etc....Soignez vos blessures et vos courbatures, dommage que vous n'ayez pas fait provisions de compeed, c'est radical contre les ampoules.
Salut Anne,
Ravi de voir que tout se passe bien pour toi et pour Nicolas !
J'ai eu un peu de mal à lire les photos car elles ne s'affiche pas bien sur mon ordi mais c'est sans doute normal ! Quoique Maman a le même problème donc ce doit être de ton coté...
Tu as du pot d'avoir du chaud car nous ici on se les gêles pour être assez trivial.En tous cas tu te débrouilles super bien et cela fait plaisir de te voir progresser dans des périples et dans ta vie !
Il va sans doute falloir se stabiliser un jour !!! Que ça va être difficile ! A moins que tu ne deviennes une grande star de la chanson et que tu passes ta vie en tournée... c'est sans doute la seule solution pour toi !
Alors chante !
Je t'embrasse
Hugues
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