Bien, voila 24h que nous sommes a San Martin, et deja je souffre de la nostalgie de notre marche. Cette ville n'est que touristes, restaurants et magasins. Ca me parait completement hallucinant de voir des maisons comme ca, aglutinees , les unes sur les autres, cette profusion de bouffe, de voitures et de technologies, ces tarés qui se parlent a eux-memes tout fort dans la rue, oreillette vissee au cerveau, moi passant des heures a tapoter sur mon clavier pour alimenter un blog, quand avant hier je ne voyais qu'arbres montagne et eau, quuand notre route etait tellement vide de toute civilisation que chaque fois qu'on croisait un ame, on la saluait, comme ca, un joyeux "HOLA!!!!". Ici les gens passent et ne se regardent pas! C'est vrai, j'ai bien croise, allez, un millier de personnes depuis que j'arpente les rues de cette ville, et pas une ne m'a saluee, non mais vous vous rendez compte?????!!!! Les gens se permettent parfois de vous devisager, de haut en bas, ils vous examinent, et pas un son ne sort de leur bouche!
On peut lire dans certains articles qui vantent les merites de la vie en pleine nature, d'endroits paradisiaques et deserts: "Ici, au coeur de la nature, au milieu de cette flore et cette faune qui s'eveillent au lever du soleil, le temps s'arrête, il est comme suspendu, on est dans un autre monde..."etc...
Pour moi c'est dans la ville que le temps s'arrête, il est comme suspendu, en effet, on est comme suffoques, on nous coupe l'herbe sous les pieds, ca bourdonne, ca vrombrit, ca ronronne, ca parle fort parce que ca ne s'entend pas, parce que ca ne s'ecoute pas, tout se paye, rien n'est gratuit, c'est le monde, a l'envers, a proprement parler...
Il y a eu des matins ou on avait rien a manger, on trouvait une petite maison, on demandait gentiment de l'aide, ils nous donnaient du pain et d'autres choses, on arrivait le soir, seuls au bord d'une plage sur un lac d'huile, devant deux montagnes majestueuses, pas un chat a la ronde, certes ce n'etait pas le silence total, on entendait les entrecotes meugler, les oiseaux cuicuiter, le ruisseau couler, mais bon, il n'est pas de plus beau chant que celui de mere nature, et ca n'a rien a voir avec la cacophonie d'un 4X4 en pleine acceleration ou d'une bavarde poudre aux yeux, haut perchee sur ses talons qui gueule dans son cellulaire en martelant le sol d'un pas conquerant.... ( que se yo, moi aussi j'en etais, je l'avoue..). Tous ces moments magiques, ou on avait l'impression d'etre seuls au monde, c'est la ou je me disais que la vie est belle, que la terre est merveilleusement bien faite, et c'est dans ces moments qu'on a envie de remercier quelque chose ou quelqu'un et que meme l'ame la plus agnostique se demande s'il n'y a pas un grand manitout derriere tout ca, tout ce calme, cette beaute.... Evidemment je vous sers une bonne platree de cliches, mais bon en ce qui me concerne, c'est une fois que j'experimente les choses que je les realise, alors c'est comme si tout ca c'etait tout nouveau pour moi... Evidemment la ville a ses atouts, ce n'est pas non plus un enfer moderne ou tout est pourri, c'est genial de pouvoir voir un bon film sur grand ecran, de manger une bonne entrecote face a un beau lac, d'aller ecouter un concert de jazz, prendre le temps d'ouvrir un livre a la bibliotheque etc... Mais parfois, on est dans la ville, et on oublie qu'il y a un monde autour, on oublie qu'il y a autre chose, que certaines choses ne se payent pas et n'ont pas de prix, on s'equipe, on s'appareille, on se connecte, on se branche, et on ne coupe jamais le courant...
Je me souviens quand on habitait a Vaucresson, j'ai l'impression en y repensant maintenant, que ma maison, mon jardin, ma rue et SAINT-CUCUFA, c'etait tout mon monde, une petite bulle de bonheur ou la vie etait tranquille et passionnante. Et quand on allait a paris avec maman, environ une fois par semaine, c'est comme si j'arrivais sur une autre planete, je me revois ecarquiller les yeux en passant devant le gigantesque sapin des galeries Lafayette, devant la tour Eiffel, j'etais completement emerveillee, j'adorais aller a Paris, c'etait LA grande sortie, en plus on allait au restaurant, on faisait les magasins, le bonheur integral quoi!
Cette impression j'ai beaucoup de mal a la retrouver maintenant, j'ai tellement vecu a Paris, dans une grande ville, a Rosario aussi, que j'en suis devenue completement blasee, presque degoutee. Certes je ne peux pas continuer a voir les choses avec mes yeux de petite fille et retrouver l'ethousiasme de mon enfance, ca serait problematique, et ce n'est pas ce que je recherche... Mais j'aimerais ressentir ce sursaut d'excitation qui me prenait quand j'entrais dans le tourbillon citadin. Je pense que plus tard (beaucoup, beaucoup plus tard), quand je m'installerai, je chercherai cet equilibre. Je vivrai dans ce que beaucoup de gens, (de voyageurs,de paysans, de hippies aussi il faut le reconnaìtre, c'est cliche, on peut le dire), appellent le "vrai", au milieu des zoziaux et bzz bzz, des meuh meuh et des bêê bêê des frrr frr et des flic flac, tout ca tout ca. Pas en banlieue, mais vraiment loin, en kilometres, de la concentration de civilisation. Et on ira, avec mes douze enfants et mes quatres chiens tous entasses dans la camionette, visiter les fous du monde en verre, de temps en temps, pour faire les courses ou pour deguster un bon chocolat a l'eau en poudre....
Autre chose: tout a l'heure je petit dejeunais a la terrasse d'un cafe (tres tres agreable, je ne suis pas extremiste non plus, sinon par humour hein, qu'on se le dise...) et je feuilletais tranquillement une revue sur San Martin et toutes les merveilles que cette ville offre a ceux qui ont les poches bien remplies, bien bien pleines, parce que c'est tellement hors de prix que ca atteind les sommetes du seizieme... J'ai vu une photo, quasiment similaire a une de celles que j'ai prises, sur un lago, mais d'un autre point de vue, un peu plus de cote, avec LE detail qui tue, la belle chaise longue en bois et matelas plumé et le cocktail de fruits rouges.... Sur ce meme lac il y a un hotel de luxe bien cache, bien bien cache, et pour a peu pres 300 euros la nuit, ils vous offrent la vue, le calme et la volupte dont on s'est gaves avec Nico pour trois fois rien, au prix de quelques ampoules et d'un peu d'incomfort certes, le matelas plumé, on l'avait pas. Un jour ce qu'on s'est dit, alors qu'on degustait un bon rizotto a la soupe cuit au feu de bois devant une bonne grosse montagne qui se refletait dans un miroir d'eau gigantesque, c'est que rien n'est innaccessible a personne, pour peu qu'on accepte de poser son cul par terre, ou sur une chaise pliable en plastique pour les plus chanceux... Et je suis sure que ce rizotto aura toute ma vie plus de saveur que n'importe quel foie gras truffe sur confit de figue que je me serai offert en ayant travaille d'arache pied. D'ailleurs n'imporet lequel des restaurants que je me suis offert avec ma paye de misere de Flora ne m'a jamais autant comble que ce rizotto en question...
Du coq a l'ane
Hace 17 años
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